Francaisbaises

 

Je ne suis pas énarque, je ne suis spécialiste de rien, je suis seulement un citoyen frappé par l’indignation en ces temps devenus rances, âcres, gâtés par les politiques et leur imbécillité incurable.

Déjà, ce fut de les entendre, unanimes, Dimanche dernier sur les plateaux télé,  dire que le mécontentement, c’était pour le chômage, que c’était là une relation incontestable entre le vote FN et le chômage.

C’est oublier un peu facilement que dans les pays à faible chômage, comme les pays nordiques (Suède, Danemark), connaissent eux aussi la montée de l’extrême droite.

La bonne affaire que voilà afin d’occulter d’autres sujets, comme l’afflux de migrants, le terrorisme islamique… Parler du chômage ne mange pas de pain, on en parle à profusion depuis des décennies sans que cela ne fasse baiser le chômage pour autant.

Mais est-ce que le vote FN ne se résume qu’à cette seule question, bien que celle-ci ne soit pas pour autant à négliger ? Nous cache-t-on quelque chose ?

De toute évidence, le chômage est un instrument fantastique pour escamoter et mettre le peuple à l’écart d’autres graves problèmes dont se nourrit le FN en agitant la rancœur et les frustrations, sa parole galvanisant son public d’aigris, de destins prostrés…

J’ai souvent entendu dire que la France était un pays de raciste, mais je n’y crois pas un instant. Ce reproche est sot, déplacé et péremptoire. Je pense, au contraire, que le peuple est capable de générosité et d’intelligence, bien plus que ses élites gangrénées par la cupidité et l’ambition, mais comme on prend les gens pour des imbéciles, qu’on les traite avec condescendance, en les accusant de fascistes en puissance alors même qu’on devrait saluer leur sang-froid, leur résistance face à la provocation de l’islamisme radical… c’est en partie une réponse à ce mépris dans lequel les dirigeants enferment le peuple, les professeurs de morale à deux sous l’abaissant dans le pogrom antimusulman que s’explique aussi le vote FN.

Après ces élections-chocs, rien ne va changer. La vie politique va son train comme si rien, aucune menace, aucun danger, ne fissurait l’air du temps. Ils se posent en pseudo héroïques tout en préparant le coup d’après, 2017. C’est le soulagement, mais quand même, le parti nationaliste a bien trouvé 800000 voix entre les deux tours, disposant à présent de 358 conseillers régionaux.

Ils ne changeront pas, car ce n’est pas dans leur intérêt. Leur seule préoccupation ? Rester au pouvoir, se faire élire ou y revenir. L’objectif se limitant aujourd’hui à ne pas être éliminé au premier tour pour gagner au second, grâce à Marine Le Pen. Passer par un trou de souris. C’est l’unique programme de la Kommandantur des classes dirigeantes, c’est beaucoup plus facile de gagner sur l’extrême droite que sur le chômage, l’insécurité, l’islamisme…

La politique autrement, mais toujours avec les mêmes méthodes, la même boite à outils et le même personnel. Toujours la même flexibilité, le même saccage social, davantage de libéralisme, de dérèglementation… Comment voulez-vous que cela change? C’est de l’enfumage, c’est l’incitation à la guerre civile en France.

Je finirai par ce cri du cœur de Serge Grouard qui résume parfaitement ce que je ressens :

« Qu’avez-vous fait de la France que j’aime ? Vous présidez à son déclin ; vous l’avez abimé, vous êtes en train de la tuer »