IMG_0470

 

Depuis fort longtemps à présent, le terme d’islamophobie a envahie notre quotidien, c’est à dire une angoisse éprouvée à l’encontre de l’islam, une peur irrationnelle. On ne compte plus le nombre de fois où ce terme a été employé ; les médias et les politiques ayant contribué à assurer et sa publicité et sa pérennité.

Au fil du temps, le terme a subit une déviation de son sens, le mot étant utilisé à tout propos, à tout va, son sens devenant celui du racisme antimusulman, ringardisant du même coup le terme ancien raciste, faisant du rejet des règles une phobie, englobant tous ceux qui osent encore critiquer, résister et devenant finalement une arme dirigée contre les laïcs, les réduisant en d’horribles oripeaux racistes, en maudits, en malade… Un véritable abus de langage.

 

Mais au nom de quel principe craindre serait-il haïr ? En quoi une peur de l’islam serait-elle une agression ? N’est-ce pas au contraire une peur légitime qui devrait inviter au débat, à la réflexion, et non pas à la condamnation pure et simple, si souvent calomnieuse ?

Il n’est pourtant pas illégitime de craindre une idéologie qui s’oppose fondamentalement à toute liberté, à un islam autant politique que spirituel exhorté par les manipulateurs islamistes, par une règle qui impose l’irruption du fait religieux dans la sphère publique, par le caractère problématique du coran et notamment sa partie médinoise. Non, il n’est absolument pas illégitime de s’en inquiéter, d’autant plus lorsque la démocratie est mise en danger par la pression sans cesse exercée sur les institutions dans le seul but de rafler plus de dérogations et de droits communautaires, comme le port du voile, les horaires de la piscine réservés aux femmes et tout l’arsenal moyenâgeux islamique.

Inventé par des anthropologues en 1910 pour les uns, utilisé pour la première fois, pour les autres, en 1979 par les Mollahs iraniens qui souhaitèrent faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de mauvaises musulmanes en les accusant d’être islamophobes, importé en France par Tariq Ramadan afin de piéger tous les débats…

Qu’importe son origine en fait, le plus important étant son utilisation et la déviation de son sens, son instrumentalisation et l’anarchie conceptuelle instaurées afin de rendre service aux adversaires de la laïcité dans leur propagande visant à imposer une laïcité ouverte, donc molle.

Ces ennemis sont : les islamistes afin d’éviter toute critique de l’islam ou diffamation des religions selon l’expression des États islamiques, les promoteurs de la laïcité dite ouverte et ceux qui jugent l’islamisme comme étant révolutionnaire, le considérant comme un allié dans leur combat altermondialiste, lutte bien légitime par ailleurs.

 

Il n’y a pas à culpabiliser à s’opposer aux dictats des extrémistes ou aux interprétations sexistes du coran, il faut au contraire veiller et résister aux abus de langage ou aux manipulations, puisque « ce mot (...) a été forgé de toutes pièces par les mollahs pour déconsidérer quiconque n’est pas musulman comme l’orthodoxie l’y invite » (1). Il n’y a vraiment rien d’islamophobe ou de diffamant de critiquer la ségrégation des femmes, l’amputation du voleur, la haine de l’autre, athée, homosexuel… Je pense même que c’est faire appel au bon sens, à la raison, d'autant plus que l’expérience du communautarisme exacerbé en Wallonie, au Canada, aux Pays-Bas, ou encore en Grande-Bretagne, dément toutes les approches complaisantes, hypocrites et politiquement correctes. Critiquer un système théologique dont les valeurs ne me paraissent pas compatibles avec celles de la République, sans pour autant s’en prendre à ses fidèles, me paraît légitime. Il faut distinguer la religion et les croyants qui la pratiquent! 

Ce vocable n’est donc dans le fond qu’une invention destinée à empêcher tout débat serein sur l’islam et à complexer les laïcs vis-à-vis de cette religion. Serons-nous seulement capables à l’avenir de déjouer cette ruse tendue par les islamisateurs ?

(1) Michel Onfray