Meeting st denis

C’est stupide, je le sais, mais j’imaginais un réveil, un sursaut de la gauche. Après les attentats, j’imaginais qu’elle sortirait enfin de son obscurantisme, qu’elle dépasserait l’âge de fer, le mirage multiculturel, les banlieues islamistes, l’impasse sociale, la désastreuse décadence dans laquelle elle nous entraine aveuglément… d’autant plus que la France d’aujourd’hui fait songer à une grenade dégoupillée, prête à exploser.

C’était sans compter l’obstination et la déraison des rien pensants de gauche (comme de droite d’ailleurs), le déshonneur qui soumet cette gauche-là au clientélisme comme au nouvel opprimé de service, les prédicateurs d’Allah. Ce dévouement sans limites à la cause ethnique et religieuse, cette forme de collaboration active parfois, révèle l’abandon d’un sens du commun, du peuple, le condamnant de la sorte entre, d’un côté, la montée en puissance de l’islamisme et de l’autre, celle du national-populisme.

Quel désarroi tout de même!

Entre le communautarisme catholique contre le Pass contraception pour les mineurs de Valérie Pécresse et le clientélisme communautariste à grande échelle de Claude Bartolone, fusionnant sur sa liste du second tour des bataillons islamo-gauchiste qui ont soutenu et défilé avec des militants islamistes et avec les Indigènes de la République, dont les slogans étaient franchement identitaires et les commentaires anti laïque, du genre il faudrait des tests génétiques pour isoler les gènes de la laïcité à la française.

La liste est donc devenue une espèce de compost politique, un grand bazar, dont certains sujets aliénés, déracinés de la nation soutiennent sans réserve des organisations qui contestent publiquement le principe même de l’existence d’une république laïque.

C’est comme devoir choisir entre la peste et le choléra !

Comble de malheur, Ensemble, le parti de l’autre, de la paix et du juste de Clémentine Autain (N°2 de la liste Bartolone dans le 93), appelait à se rendre à un meeting où les intégristes et leurs amis se sont réunis pour dire tout le mal qu’ils pensaient de la France. Bref, un meeting des ni Charlie, ni Paris. Alors même que certains sacrifiés sortaient à peine du coma, que les attentats avaient fait 130 morts et 350 blessés, ils se sont auto proclamés victimes de l’islamophobie! Étaient présent l’islamo-complotiste Tariq Ramadan, l’ancien patron du CCIF (collectif contre l’islamophobie en France qui est rien de moins qu’un site pro islamiste), Marwan Muhammed, Madjid Messaoudene, élu de gauche connu pour ses diatribes contre les laïques, notamment les musulmans. Une célébration de la honte, gangrénée par une idéologie nauséabonde, ennemie de la liberté, revendiquant surtout des concessions religieuses comme le droit au niqab, à la non-mixité à la piscine, à l’aménagement des horaires pour la prière, à l’économie du halal… Un laxisme dont les résultats peuvent être terribles, comme en Grande-Bretagne où les islamistes veulent combattre les impies, imposer les règles du ramadan, interdire aux chrétiens autochtones de manger en public pendant le mois du jeûne, instaurer la charia.

Alors, Bartolone, plus communautariste que républicain ?

Je suis pourtant issue d’une famille de gauche et j’ai l’impression d’avoir passé ma vie à obéir au dictat du vote utile afin d’éviter le pire, et pourtant, le pire est bel et bien arrivé: chez moi, il suffit de sortir, faire quelques pas, pour voir les islamistes en djellabas et blousons noirs qui tournent dans la cité comme des Kapos, il suffit d’ouvrir les yeux, de se dire franchement les choses au lieu d’occulter les problèmes ou de tomber dans la dérive victimaire ou autre sociologie de l’excuse.

Cette période en rappelle étrangement une autre, celle des années 30, où Churchill disait à propos des politiques:

Ils ont choisi le déshonneur pour avoir la paix. Ils auront et le déshonneur et la guerre.

 

Bref, tout bien pesé, on ne peut voter pour personne ! Je me retrouve donc à voter blanc, faute d’une gauche digne de ce nom, républicaine et laïque, exigeante et inclusive, intégrante et émancipatrice, une gauche qui demande de dépasser nos différences.